Les trois géants français du luxe ont publié leurs ventes du troisième trimestre, et le constat est contrasté : si LVMH renoue avec une légère croissance publiée, une première depuis 2023, le signal envoyé au marché reste fragile. Entre ralentissement persistant en Chine et recul de la maroquinerie, le secteur peine toujours à retrouver son élan d’avant-crise.
LVMH : un trimestre en demi-teinte malgré un retour à la croissance
Sur la période, LVMH affiche 18,5 milliards d’euros de ventes, en croissance organique de 1 % sur un an. C’est la première fois depuis 2023 que le chiffre d’affaires du troisième trimestre progresse en données publiées. Mais ce résultat cache de fortes disparités selon les métiers : la division Mode et Maroquinerie, qui porte les marques Louis Vuitton et Dior et pèse près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe, recule de 5 % en organique. À l’inverse, la Distribution sélective, tirée par la dynamique de Sephora, progresse de 8 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe cumule 57,1 milliards d’euros de ventes, en hausse de 2 % en organique mais en baisse de 2 % en données publiées, les effets de change continuant à peser sur les comptes.
La Chine, toujours le principal point de blocage
La reprise espérée sur le marché chinois, qui portait les attentes du secteur pour 2026, ne s’est pas confirmée au troisième trimestre. Plusieurs analystes évoquent une phase de ralentissement persistant côté consommation, renforcée par des mesures fiscales locales qui freinent davantage les achats de produits de luxe en Chine. Cette situation explique en grande partie pourquoi les prévisions de reprise formulées en début d’année, qui tablaient sur une croissance de 3 à 5 % pour l’ensemble du secteur, ont dû être revues à la baisse par plusieurs maisons.
Kering et Hermès : des trajectoires différentes
Hermès et Kering ont également publié leurs ventes du troisième trimestre à Paris. Chez Kering, l’actualité est aussi marquée par un changement de direction artistique chez Saint Laurent, signe que les maisons continuent de miser sur le renouvellement créatif pour relancer la demande, dans un contexte où la croissance ne reviendra pas aussi vite qu’espéré selon plusieurs observateurs du secteur. Ce choix illustre une tendance plus large du secteur : miser sur la créativité et le savoir-faire artisanal plutôt que sur les hausses de prix pour retrouver des volumes de vente.
Un secteur sous surveillance en Bourse
Ces résultats ont ravivé les doutes des investisseurs sur la solidité de la reprise du luxe, alors que plusieurs titres du secteur avaient déjà nettement reculé en Bourse cette année. Les valeurs du luxe pèsent lourd dans l’indice CAC 40, ce qui explique pourquoi chaque publication trimestrielle est scrutée de près par les marchés. Au-delà de la Bourse, la filière reste aussi sensible aux coûts de production, qu’ils concernent les matières premières ou l’énergie des ateliers, à l’image des enjeux que rencontrent d’autres secteurs industriels comme le courtage en énergie. Sur le plan commercial, les maisons continuent par ailleurs de soigner leurs événements et animations pour fidéliser une clientèle de plus en plus sollicitée. Reste à savoir si le dernier trimestre de l’année, traditionnellement porté par les achats de fin d’année, permettra d’inverser durablement la tendance pour l’ensemble du secteur.
Questions fréquentes
Pourquoi les ventes de LVMH sont-elles jugées décevantes malgré une hausse de 1 % ?
Parce que cette légère croissance masque un recul de 5 % de la division Mode et Maroquinerie, son métier historique le plus rentable, tandis que seule la Distribution sélective, portée par Sephora, progresse nettement.
Pourquoi la Chine pèse-t-elle autant sur les résultats du luxe français ?
La clientèle chinoise reste l’un des principaux moteurs de croissance du secteur depuis plusieurs années ; son ralentissement, accentué par des mesures fiscales locales, retarde la reprise espérée pour l’ensemble des maisons.
Le secteur du luxe peut-il encore retrouver sa croissance d’avant-crise ?
Plusieurs maisons misent sur le renouvellement créatif, comme le changement de direction artistique chez Saint Laurent, mais les analystes jugent peu probable un retour rapide aux rythmes de croissance observés avant 2023.
Sources
- Zonebourse — LVMH : les ventes au T3 ravivent les doutes sur la reprise du luxe
- Investing.com France — les ventes de LVMH au T3 2026 résistent malgré le ralentissement en Chine
- Zonebourse — chiffre d’affaires de LVMH inférieur aux attentes au T3
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
